Girondins contre jacobins : une rivalité inachevée
La réforme de la taxe professionnelle a ravivé indirectement une rivalité ancestrale entre partisans de la décentralisation et de la centralisation, entre Girondins et Jacobins. Entre les avocats de l'autonomie fiscale et financière des collectivités et les procureurs de la dépendance vis à vis d'un Etat prompt à rétablir le régime des dotations.Tout au long des temps de discussion et de négociation entre les Ministres - pourtant la plupart élus locaux - et les administrations centrales d'un côté et les représentants des associations d'élus de l'autre couvait en filigrane cet objectif inavoué. "Cette gouvernance d'oligarques" comme le glisse souvent un député membre de la commission des finances de l'Assemblée.
Au delà de tout clivage partisan, cette mise en perspective nous montre combien le chemin parcouru depuis les lois Defferre est finalement très relatif à l'échelle du temps, qu'il soit sous influence républicaine ou monarchiste.
Ce faisant, quand bien même il semble s'en défendre, l'hyper présidence entretenue par Nicolas Sarkozy ne nourrit-elle pas le virus de la centralisation ? L'hyper présidence n'est-elle pas finalement une nouvelle résurgence de la droite bonapartiste telle que l'avait décrite Raymond Aron ? Un Pays, un Etat, une République. Mais quid des territoires ?
Les arbitrages élyséens concernant la réforme de la taxe professionnelle apporteront un nouvel élément de réponse. A quelques mois des prochains temps forts électoraux des "Girondins" (mars 2010 les régionales et printemps 2011 les cantonales), il est à craindre que l'homme de la rupture cherchera à mettre sous tutelle des territoires bien décidés à continuer de conjuguer les fondamentaux de la République.
Fabrice Dalongeville


