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Laïcité

A l'Assemblée

Les députés adoptent le projet de loi sur le voile intégral

Malgré l'absence volontaire de nombreux parlementaires de gauche, l’Assemblée nationale a adopté le 13 juillet 2010 par 336 voix pour et un vote contre le projet de loi sur l’interdiction du port du voile intégral.
A cette occasion, les valeurs humanistes de dignité, d’égalité, de fraternité, et de laïcité ont ainsi été réaffirmées.
Analyse du scrutin.


Conseil d'Etat

Plus d'informations en ligne
Le Conseil d'Etat vient de lancer une nouvelle lettre d'information en ligne qui proposera une sélection d'articles publiés sur le site de l'institution. Le site, profondément remanié en 2009, propose des "contenus très enrichis destinés aux professionnels du droit comme au grand public".









Ministère de l'Intérieur

L'association Laïcité et République a obtenu par décision ministérielle en date du 19 février 2010 un nouvel agrément pour lui permettre de dispenser des formations aux élus locaux. Selon le décret n°2009-8 du 5 janvier 2009, cette autorisation administrative est valable pour une durée de quatre ans contre deux précédemment.
Face
notamment aux réformes structurelles qui bouleverseront l'environnement direct des élus, cet allongement permettra de mettre en place des plans de formation mieux adaptés.




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news
vendredi 21 septembre 2007


Modes de vie et usage du temps en France

JeanVIARD.jpgJean VIARD est sociologue, directeur de recherches CNRS (Centre national de la recherche scientifique) au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris)


Ce texte est un extrait, légèrement remanié, d’une recherche élaborée pour l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le PREDIT (Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres), à paraître en mai 2006 aux éditions de l’Aube (La Tour d’Aigues) sous le titre : Eloge de la mobilité. Essai sur le capital temps libre et la valeur travail. Cet article est paru dans la revue Futuribles.

MODES DE VIE ET USAGES DU TEMPS EN FRANCE
Quand l’allongement de la vie bouleverse les territoires

Spécialiste des usages du temps et de leurs évolutions, Jean Viard sort, ce printemps, un nouvel ouvrage consacré aux impacts de l’augmentation du temps libre sur la mobilité des individus, notamment dans un pays comme la France. Il fait ici partager aux lecteurs de Futuribles la primeur de son propos.

En particulier, il montre combien le travail a vu sa part diminuer dans le temps de vie des individus, sous l’effet des changements législatifs, et combien le ou plutôt les temps libres, par incidence, se sont accrus, ce d’autant plus que l’espérance de vie des Français augmentait elle aussi.

Jean Viard insiste ici sur le fait que cette augmentation des temps libres se traduit par de nouveaux usages ayant des conséquences majeures sur la mobilité des individus, les relations qu’ils développent entre eux mais aussi à l’égard des territoires français.

Tout cela participe, comme il le montre ici, à une forme de révolution culturelle (une « société de mobilité et de temps libre » où le travail prend une dimension différente) et appelle sans doute, par suite, à la définition d’un contrat social qui en tienne compte.
S.D.

Au XIXe siècle, un ouvrier, un paysan, avait une espérance de vie moyenne de 500 000 heures, en France. Il travaillait environ 200 000 heures, soit 40 % de son temps de vie, 70 % de son temps de vie éveillé.

Comme il dormait 40 % de son temps, il lui restait 100 000 heures pour le temps libre, les loisirs, l’amour, la cuisine et le jardinage, les croyances et les luttes sociales – il faisait sans doute l’amour moins de 1 000 fois dans sa vie.

Dans les milieux populaires, la vie, comme la société, était dominée par le travail d’une façon extraordinaire, ce que retrace bien le livre La Vie d’un simple, d’Emile Guillaumin, qui est un magnifique récit de vie paysanne.

En 1950, après la guerre, la durée de vie a augmenté de 100 000 heures, on est à 600 000 heures d’existence en moyenne ; la durée du travail a été réduite autour de 120 000 heures, c’est-à-dire qu’un ouvrier ou paysan français commence à travailler à 13-14 ans ; le droit à la retraite vient d’être voté : il travaille donc 20 % de son temps sur Terre et 30 % de son temps éveillé.

La proportion du travail a donc été diminuée de moitié dans une vie populaire sur un siècle ; pensons à 1848, 1906, 1936, les 40 heures, les congés payés et… les progrès médicaux.

On arrive en 2002. Les Français ont encore gagné 100 000 heures d’espérance de vie, ils vivent 700 000 heures – avec des écarts d’espérance de vie de près de 10 % entre femmes et hommes, et entre cadres et ouvriers spécialisés. Avec les 35 heures et les 42 ans de cotisation pour la retraite, il leur faut travailler 67 000 heures pour avoir droit à la retraite : 42 ans à 35 heures, cela représente 9 % du temps de vie d’un Français, 16 % de sa vie éveillée.

Celui-ci pourrait encore gagner 100 000 heures d’espérance de vie en 20 ans, ce qui veut dire que, malgré l’allongement des années de cotisation de retraite, le pourcentage du temps travaillé se réduirait à 8 % de l’existence moyenne si les Français continuent à ne cotiser que 42 ans. Lord Keynes, dans les années 1930, prévoyait trois heures de travail par jour en l’an 2000. Nous y sommes presque.

Enfin, on est passé, en France, de 100 000 heures disponibles – hors sommeil et travail – à environ 400 000 pour soi, sa famille, ses temps libres, sa culture, ses engagements et ses voyages…, dont le quart, soit 100 000 heures, absorbé par la télévision. Cette multiplication par quatre du temps disponible hors sommeil et hors travail constitue l’information essentielle. Dans cette dilatation du temps à faible contrainte se tient la révolution temporelle que les Français vivent sans en être totalement conscients.

Ces chiffres, au demeurant réducteurs et discutables dans le détail, illustrent cependant que l’allongement et les bouleversements de la durée de vie doivent être analysés avec attention. Car on ne fait pas plus souvent, en France, ce que l’on faisait avant moins souvent.

La vie s’organise autrement, avec de nouvelles pratiques et de nouvelles relations qui amènent à avoir de nouveaux rapports aux lieux et à la mobilité, de nouvelles relations entre individus, de nouvelles relations même à la réalité sociale – ce que nous appelons l’absentéisme social.

Il y a, sous l’inflation quantitative de certains rapports, un quasi-changement de nature des enjeux […] nous entrons dans une époque et une économie, de « l’à côté du travail structurant » encore largement inconnue. Pas une société de l’antitravail, mais une société d’individus qui, parmi d’autres activités, travaillent – ou espèrent le faire.

Il ne s’agit pas de dire que le travail n’a plus d’importance dans la structuration du social, mais que les relations et les solidarités se construisent en partie ailleurs. Autrement dit, le travail et les temps libres sont devenus coproducteurs des liens sociaux, de la production de richesse et des mobilités, de l’organisation des territoires…

Dès lors, il faut mettre le temps au cœur des questions sociétales et sociologiques ; il faut apercevoir, puis accepter, que ce temps si long appartient dorénavant à chacun, sans figures d’usage préétablies, car le temps éveillé a échappé au travail pour les quatre cinquièmes de sa durée sans que l’on y prenne vraiment garde.

Et, pour occuper ce cadre brusquement élargi, les innovations du dernier demi-siècle en matière de temps libre ont eu une influence déterminante car elles sont venues occuper un vaste champ quasi vierge.

Aussi, les gestes, les normes et les valeurs inventés pour occuper ce temps nouveau ont pris une place bien au-delà de leurs usages factuels, une place au cœur même de la culture postmoderne. Il en est ainsi des vacances, des rythmes scolaires, de la socialisation des anciennes tâches féminines, des loisirs, de la télévision…

Il faut prendre acte de ce que les Français sont aujourd’hui dans une nouvelle culture du temps où les liens sociaux, comme les imaginaires collectifs, sont de moins en moins construits d’abord dans le temps de travail : les normes et les valeurs issues des temps libres sont devenues dominantes, influençant et la famille et le monde du travail.

Pour en savoir plus :

Le Sacre du temps libre. La société des 35 heures et Court Traité sur les vacances, les voyages et l’hospitalité des lieux. La tour d’Aigues : éd. de l’Aube, respectivement 2006 et 2003.



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Editorial

Prenez des vacances, tant qu'il en reste
Le temps des vacances arrive. Peu importe le métier et la condition sociale, elles sont bel et bien méritées. Malgré les difficultés économiques, les accidents de la vie, les contrariétés et les mélancolies existentielles, les vacances ont ceci d’important qu’elles permettent de se ressourcer, seul, en famille ou entre amis.
Les vacances restent un droit. Pendant combien de temps encore ? On peut se poser la question car, pour parodier Michel Audiard, « les sarkozystes, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît ».
En effet, depuis dix ans maintenant et plus particulièrement depuis 2007, le patrimoine de la République est méthodiquement démantelé : services publics, école publique, santé publique, transports publics, audiovisuel public, justice, collectivités locales asphyxiées, réforme des retraites injuste, et, cerise sur le gâteau, la perte de toute éthique et de hiérarchie des valeurs de la part de ces gouvernants.
En échos de la piteuse aventure des Bleus en Afrique du Sud, les « affaires » qui se multiplient au somment de l’Etat poussent un peu plus chaque jour les agences de notations citoyennes à dégrader la note de ce gouvernement, et plus malheureusement, de notre pays. 
« Plus t’as de pognon, moins t’as de principes. L’oseille, c’est la gangrène de l’âme », écrit encore Audiard.
Un vœu pour conclure : que ces gouvernants prennent des vacances longues et silencieuses au lieu de légiférer en catimini.
F.D.


Réforme territoriale

Comment les députés ont voté ?
Le projet de loi de réforme des collectivités a été adopté ce 8 juin en première lecture à l'Assemblée. Seules les voix UMP ont permis de faire passer un texte controversée d’une courte tête : 276 voix pour, 240 voix contre et 49 abstentions. A préciser toutefois qu'à l'UMP, 26 élus se sont abstenus et huit autres plus courageux ont voté contre. Toute la gauche (PS, PCF, PRG et Verts) a voté contre le texte et le Nouveau Centre s'est abstenu.
Retrouvez le vote de vos députés.

Rythmes scolaires

Un site pour suivre l'avancée des débats
Le comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires a été installée le lundi 7 juin 2010 par le Ministre Luc Chatel. Un site dédié a été créé pour suivre l'évolution des travaux dont nous vous ferons régulièrement état.
A suivre sur le site du comité de pilotage.


Education nationale

Luc Chatel poursuit le démantellement de l'école publique

Le Café pédagogique s'est procuré les documents remis aux inspecteurs d'académie pour supprimer des postes dans les trois prochaines années. Pour le primaire : suppression des Rased, réduction de la scolarisation à deux ans, regroupements scolaires, augmentation du nombre d'élèves par classe. Pour le secondaire : augmentation de la taille des classes au collège, fermeture des petits établissements, "rationalisation" de l'offre éducative en lycée et de l'offre de formation en L.P., réduction des IDD. Un ensemble de mesures qui montrent combien la poursuite de la destructuration de l'école républicaine publique est en cours. A lire d'urgence sur le Café pédagogique.


Editorial

Les rentiers et Sarkozy font bon ménage
La crise économique et financière que nous vivons tous, si elle a ébranlé l’édifice capitaliste, demeure alimentée par le « toujours plus » d’argent pour la finance et pour les amis du président Sarkozy.
En 2009, le bouclier fiscal a coûté à l’Etat environ 586 millions d’euros, soit davantage que l’année précédente. Et sans doute moins que l’année prochaine. Récemment, l’Insee s’est intéressé à la situation des plus riches et des plus pauvres en 2007. 
Ainsi, cette année-là, 133 000 personnes ont perçu un salaire annuel brut d’au moins 215 600 euros, soit sept fois plus que la moyenne des salariés à temps complet du secteur privé (32 000 euros).
 Cette année-là encore, huit millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 908 euros par mois.
Autrement dit, les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres et toujours plus nombreux. Qu’en sera-t-il d’ici à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?
Pour les Radicaux, l’économie doit être au service de l’Homme et les entreprises au service de l’emploi. Ni « tout Etat », ni « tout Marché », mais une synthèse entre l’individu et le collectif. Quant à la finance, elle ne doit être qu’un outil, en aucun cas une finalité. Les rentiers sont et resteront les fossoyeurs de l’économie et les ennemis du « vivre ensemble ».
Humaniste, solidaire, laïque, garante des libertés, juste, voilà cette formidable République des Territoires telle que nous voulons la faire vivre en France.
F.D.



Crise et finances

Hervé Causse : "L'Etat s'est endetté donc nous paierons la crise"

Le système bancaire international s'est remis à fonctionner sur les mêmes bases irrationnelles. Foin de «régulation» ou de «moralisation», les États sont dépassés et les petites gens paient les pots cassés. A lire l'interview éclairante de Hervé Causse, professeur de droit privé et de droit des affaires à l'université de Clermont-Ferrand.

A lire l'interview dans le journal L'Union


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