Réforme territoriale
"L'acte I de la recentralisation", estime le think tank Terra NovaLe think tank Terra Nova publie une note très critique mais peu novatrice sur la réforme des collectivités voulue par le chef de l'Etat. Publiée dans Libération, elle se fonde sur une analyse sous influence girondine, fustigeant ainsi la volonté de l'Etat sarkozyste de faire de nouveau souffler le vent jacobin, plus de vingt-cinq ans après les premières lois sur la décentralisation.
Ainsi, Nicolas Sarkozy est-il accusé de "rompre le consensus national" et de concocter, au travers la création du conseiller territorial notamment, une recette partisane combinant "électoralisme et recentralisation".
Face à l'accusation entendue depuis des mois du "trop d'élus, trop cher et trop d'échelons de décision", Terra Nova oppose les chiffres : 525 000 élus locaux, pour l'essentiel bénévoles, dont le coût de la fonction politique n'excède pas 0,01% des dépenses locales.
Egalement au coeur des critiques, la réforme de la taxe professionnelle et, en filigrane, la volonté de couper l'autonomie fiscale et financière des collectivités territoriales.
Côté propositions, Terra Nova fait sienne l'idée qu'il y aurait bien trop de communes en France, au regard de leur incapacité d'administrer efficacement leur territoire. Sans pour autant avancer leur suppression, Terra Nova propose de renforcer les intercommunalités, en les transformant en "collectivités territoriales de proximité de droit commun". Celles-ci auraient les compétences de principe, et elles pourraient "les subdéléguer aux communes quand il y a opportunité".
Concernant la création d'un nouvel échelon, les métropoles, Terra Nova se range à la proposition du comité Balladur, estimant que le projet initial a été vidé de son sens dans la réforme Sarkozy.
Le rapprochement entre département et grandes communautés doit être poursuivi dans les cas où la fusion est en vue, comme " entre le Grand Lyon et le conseil général du Rhône". Terra Nova va plus loin cependant, notamment en ce qui concerne les territoires où existe un fort déséquilibre entre la ville-centre et les communes rurales périphériques : "le département pourra déléguer ses compétences à la ville-centre sur son territoire, et se consacrer à la solidarité au projet du territoire rural".
Terra Nova se montre également particulièrement caustique à propos des compétences, beaucoup trop nombreuses et enchevêtrées. La solution : "attribution de compétences exclusives, désignation de chefs-de-file en cas de compétences multiples, limitation des financements croisés. Création d'instruments de coordination de l'action publique locale.
Enfin, Terra Nova dénonce le projet du Grand Paris.
F.D.


